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Cusco, Salkantay et Machu Picchu

J’arrive enfin à l’étape tant attendue : la région de Cusco et le légendaire sanctuaire de Machu Picchu. C’est la capitale des incas, c’est l’endroit qui me fait rêver depuis la tendre enfance grâce à Tintin et le Temple du Soleil. On voit tellement d’images du Machu Picchu que l’on craint forcément qu’il n’arrive pas à la hauteur de nos attentes à cause de l’exploitation touristique qui est faite du site depuis quelques décennies. Et pourtant ce sera l’un de mes endroits préférés sur tout ce voyage. Parce qu’un endroit comme celui-là se mérite, je me suis compliqué la tâche avec un trek de cinq jours pour atteindre le fameux Machu Picchu. Excellente alternative à l’inaccessible Inca Trail (en tout cas sans réservation un an auparavant), c’est par le Salkantay trek que j’atteindrai cet endroit emblématique d’Amérique du Sud.

Depuis Arequipa, c’est le lundi 26 octobre au petit matin que j’arrive à Cusco, toujours en compagnie de Lavinia, ma nouvelle compagne de voyage. Nous souhaitons partir en randonnée le lendemain, l’objectif du jour sera donc de trouver le tour operateur qui nous accompagnera jusqu’au Machu Picchu. Autre priorité du jour pour moi : consulter un médecin ! Car cela fait bientôt une semaine que le haut de mon corps est couvert de plaques rouges et je commence à m’inquiéter.

Il se trouve apparemment que je souffre d’une intoxication alimentaire, une sorte d’allergie à je ne sais quel aliment ou alors tout simplement une bactérie attrapée par l’eau ou la nourriture. Toujours est-il que cela peut durer depuis des semaines et que je ne me suis douté de rien car je pensais tout ce temps subir les effets de l’altitude. Ce que est étonnant c’est que mis à part quelques soucis de digestion, je ne me sens ni nauséeux, ni malade depuis plusieurs jours et que ces plaques ne me démangent pas du tout. Je me fais prescrire une bonne dose d’antibios, et tout devrait rentrer dans l’ordre dans les jours qui viennent.

Lavinia et moi partons à la recherche de notre tour opérateur et démarchons quelques agences, avant de nous arrêter sur celle que nous trouverons la plus sérieuse. On partira le lendemain pour cinq jours et quatre nuits sur le fameux sentier du Salkantay. C’est l’alternative la plus populaire à l’Inca Trail, qu’il faut réserver plus d’un an en avance vu le nombre limité de places disponibles pour préserver le sentier. Le Salkantay est plus long et plus difficile que l’Inca Trail, mais il ne passe pas par des “sentiers incas” officiels. Bien que tous les sentiers dans la région de Cusco aient été tracés par les incas, l’Inca Trail a la particularité d’être entièrement pavé.

Le trek du Salkantay fait 77 kms de long. Il commence à 2900 m d’altitude, culmine à 4600 m et descend à 2000 m. Autant dire qu’il couvre une multitude de paysages, passant de la haute montagne à la jungle. Au quatrième jour au soir, on atteint Aguas Caliente, au pied du Machu Picchu, perché dans la montagne 400 m plus haut. Avec Lavinia, on se motive pour faire l’ascension de la montagne au dessus de la cité et portant le même nom. Du haut de ses 3000 m, elle offre une vue sur tout le site et promet de beaux paysages.

Pour fêter notre arrivée dans la légendaire ville de Cusco, on s’offre une petite visite du centre-ville et surtout du musée du chocolat. On se régale d’un petit chocolat chaud épicé. Et le soir, pour se donner des forces et pour profiter pleinement de l’expérience péruvienne, on fera un repas de “cuy”, qu’on connait sous le nom de cochon d’Inde chez nous. :-p Lavinia ne se remettra pas de l’arrivée du plat avec le cochon d’Inde entier présenté dans un plat. On restera un peu sur notre faim, le cochon d’Inde ayant plus de peau que de viande. Mais les accompagnements valent le détour.

Mardi 27 octobre, lever 3h30 du matin pour commencer l’expédition. La veille, j’ai fait la grosse erreur de choisir un “party hostel” pour passer la nuit. Je ne fermerai pas l’œil de la nuit, entre la musique à fond et les allers et venus de mes compagnons de dortoir à moitié éméchés, qui entameront des débats à côté des gens qui dorment et laisseront porte ouverte et lumière allumée jusqu’à 2h du matin… Entre le bus de nuit de la veille et cette nuit sans sommeil, le début du trek s’annonce difficile. Et pour couronner le tout, il pleut des cordes ce matin !

Nous embarquons un bus à 4h du matin pour rejoindre le village de Mollepata, d’où commence le trek du Salkantay. Deux heures de bus qui nous permettront à tous de continuer notre nuit. Sur place, nous faisons la connaissance du groupe, autour du petit déjeuner. Nous sommes quinze, principalement européens : français, anglais, hollandais, allemands, portugais, colombien et vénézuélien. Nous préparons les sacs qui seront portés par des mules. Nous avons le droit à 5 kg chacun. Vu le temps pluvieux du jour, nous redoublons de prudence en mettant nos sacs dans des sacs étanches. Une fois les préparatifs terminés, nous commençons la marche sous la pluie.

Ce premier jour de marche est tout en montée. 1000 m de dénivelés pour atteindre notre premier campement à Soraypampa, à 3900 m d’altitude. Il ne fait pas très froid, mais la pluie continue toute la matinée. Les paysages jusqu’au campement sont extraordinaires. La pluie ajoute un côté mystique à ces montagnes recouvertes de jungle. Nous sommes littéralement au dessus des nuages. Nous arrivons au campement en début d’après-midi. Après un copieux déjeuner concocté par le cuisto du groupe, nous allons faire un tour pour voir un lac d’altitude, près du campement. Nous approchons de près du glacier, dont la fonte forme ce lac en contre-bas. Tous contents de notre journée, nous dinons tous ensemble dans la bonne ambiance le soir.

Le retour aux tentes nous enlèvera les sourires sur le visage. Nos tentes ont toutes été ouvertes pendant le diner, nos affaires retournées, porte-feuilles, téléphones portables, appareils photo déposés sur notre matelas… La panique s’empare soudain du groupe. Mais finalement rien ne manque… enfin sauf l’appareil photo professionnel d’un des touristes du groupe, qui se trouve être photographe. Etonnement, rien d’autre ne manque à l’appel. Même l’argent, les passeports, les cartes bancaires et les iPhones seront laissés dans les tentes. Etrange cambriolage. Comme s’il était ciblé pour ne voler que l’appareil photo… Nous allons nous coucher avec cette dérangeante impression que nos guides y sont pour quelque chose, ces derniers ayant bien insisté toute la soirée pour qu’on laisse nos biens dans les tentes, et faisant durer le repas avec une séance de présentation qui arrangera bien les voleurs.

Le lendemain, nous essayons de laisser cette expérience derrière nous et de penser à autre chose. C’est la plus grosse journée de l’expédition. Nous allons atteindre le point culminant du trek, le Salkantay Pass et ses 4650 m, et marcher plus de 9h jusqu’à rejoindre le deuxième campement à Chaullay, à 2900 m. 750 m de dénivelé positif donc et 1750 m de dénivelé négatif, de retour à la même altitude qu’au départ. La journée est fatigante, mais nous sommes chanceux côté météo car nous évitons de justesse tous les épisodes pluvieux de la journée. La rando se fait donc au sec quasi toute la journée. Les paysages du jour sont très variés, et particulièrement beaux, surtout au niveau du col. La température remonte à mesure que l’on redescend ; le lendemain, c’est la jungle humide et étouffante qui nous attend.

Le troisième jour justement, nous continuons la descente jusqu’à Sahuayacu Playa, à 2060 m. Quelques montées / descentes, mais le chemin est nettement plus simple que la veille. La jungle se fait sentir de plus en plus. Et nous commençons à voir l’apparition de ces “sand flies”, sorte de moucherons qui piquent et font des boutons bien plus irritants que les moustiques. Ils nous suivront jusqu’à Cusco. Nous terminons la marche en début d’après-midi. Après un déjeuner encore très copieux (et un ceviche absolument délicieux), un bus vient nous récupérer et nous dépose à Santa Teresa, où nous passerons notre troisième nuit à 1700 m. Le reste de l’après-midi, nous irons le passer dans les bains thermaux de Santa Teresa, ce qui fait un bien fou.

Vendredi, pour changer un peu de la marche, le programme prévoit une activité de tyrolienne pour les plus aventuriers. Tout le groupe se laissera tenter par l’idée. Et pendant deux heures, on se lancera dans le vide sur un parcours de cinq tyroliennes, dont une de 1 km de long ! Ce qui est impressionnant c’est que les tyroliennes partent d’un côté de la vallée à un autre. Sensations garanties. Ce n’est pas si effrayant à vrai dire. Le plus dur pour moi aura été la traversée d’un pont suspendu avec la moitié des lattes manquantes. Pour le reste, on s’y fait bien finalement…

Après deux heures de rigolade, un bus nous dépose à Hidroelectrica, sorte de carrefour pour rejoindre Aguas Caliente. On déjeune dans un restaurant, avant de marcher deux heures et demi le long de la voie ferrée qui mène à Aguas Caliente. La marche est plutôt simple, comparée aux jours précédents. On arrive à Aguas Caliente en milieu d’après-midi. C’est notre dernière soirée tous ensemble avant de visiter le fameux Machu Picchu, perché dans la montagne au dessus de nous.

Le samedi, lever aux aurores. On quitte l’hôtel à 4h20 du matin pour faire l’ascension à pied jusqu’au sanctuaire du Machu Picchu. Nous arrivons juste avant l’ouverture du site à 6h du matin, après une marche très difficile tout en montée. Mais l’excitation de voir cet endroit emblématique nous donne des ailes. J’arrive parmi les premiers, même si nous sommes dépassés à l’arrivée par les nombreux touristes qui ont choisi de rejoindre le site en bus… Forcément c’est moins difficile pour eux…

A 6h, les portes s’ouvrent enfin. Et je découvre, émerveillé, cette cité inca qui m’a tant fait rêver. Visiter l’Amérique du Sud c’était pour moi fouler les terres de cet endroit mythique. Tellement d’images circulent, tellement de déjà vu… Et pourtant, tout le monde est bouche bée, époustouflé, heureux de voir en vrai cet endroit tant photographié. La citée est fabuleuse. Le cadre incroyable.

Nous faisons une visite guidée du site pendant deux heures. Notre guide est franchement moyen, s’obstinant à nous parler en anglais, quand il ne maitrise clairement pas la langue. Mais peu importe, je suis là, au Machu Picchu. Le simple fait d’être là me suffit. J’en prends plein la vue. Je suis bluffé par la technologie des incas de l’époque, l’incroyable précision dans leurs constructions, et la magie de cet endroit.

Nous remontons un peu la cité après la visite guidée, et nous découvrons les fameux points de vue qui font la réputation du Machu Picchu. Le temps est avec nous. Après plusieurs jours de pluie, nous avons la chance de voir le Machu Picchu dans les meilleures conditions possibles. Je ne peux enlever ce sourire de mon visage. C’est ce genre de lieux qui me donnent envie de voyager, de découvrir.

Une partie du groupe fait ensuite l’ascension de la montagne du Machu Picchu, qui du haut de ses 3000 m donne une vue extraordinaire sur tout le site. La cité inca parait tellement loin du sommet. L’ascension est dure, on en bave tous, mais la récompense à la clé en vaut clairement la chandelle.

Je resterai sur le site jusqu’à la fermeture à 17h. Je me régale des différents points de vue tous aussi beaux les uns que les autres. Puis c’est avec grand regret que je quitte le Machu Picchu. La seule chose que je suis content de laisser derrière moi, ce sont ces satanées mouches de sable qui nous ont dévoré toute la journée. Elles ont particulièrement apprécié le bas de mon dos, que je n’avais pas couvert d’anti-moustique. Résultat :  30 piqures sur une surface d’à peine 2 cm sur 30 cm…

On fête la fin du trek avec Lavinia et Matthis, un jeune allemand de notre groupe, avec une série de Pisco Sour et un très apprécié bain dans les eaux thermales d’Aguas Caliente. Puis Lavinia et moi quittons Aguas Caliente à 21h50, à bord du train très très cher du Machu Picchu jusqu’à Ollantaytambo. Et de là, un bus nous ramène jusqu’à Cusco. Arrivée très tardive après une longue journée. A 2h du matin, nous sommes à notre hôtel…

Je resterai deux jours à Cusco pour me reposer après ces cinq jours de trek. La ville de Cusco est vraiment très belle. Où que l’on se promène, les bâtiments sont superbes. La ville a beaucoup de charme. Certainement l’une des plus belles d’ailleurs que j’ai pu visiter en Amérique du Sud pour l’instant.

Lavinia et moi partons chacun de notre côté lundi, après dix jours passés ensemble. Une très très belle rencontre… C’est aussi ce qui fait apprécier de voyager en solo ; c’est l’occasion de faire la connaissance de personnes très attachantes. Bon vent à toi Lavinia, profite du lac Titicaca et du sud. Quant à moi, je rejoins la côte, avant de continuer ma route vers le nord.

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