Envie d'Ailleurs

Tayrona et la Ciudad Perdida

Après presque quatre mois de traversée sur le continent sud-américain depuis Sao Paulo, j’arrive au bout de ma remontée vers le nord et j’atteint la côte caribéenne de Colombie. Et c’est une semaine de retrouvailles qui m’attend avec deux amis, Marie et Mathieu, venus d’Antibes pour partager un bout de chemin avec moi. Sept jours chargés nous attendent avec le trek de la Ciudad Perdida et un safari de plongée dans le parc national de Tayrona.

Jeudi 10 décembre, je quitte San Gil en fin d’après-midi et embarque pour 17 heures de bus jusqu’à Santa Marta. Après une longue nuit tranquille et reposante, j’arrive vers 11h à destination. C’est la deuxième fois que je passe par Santa Marta, m’y étant aussi arrêté avec mes amis en 2011 lors de mon premier séjour en Colombie. Comme la dernière fois, c’est au petit village de pêcheur de Taganga que je vais me baser et retrouver Marie et Mathieu, eux aussi en route depuis Medellín en avion.

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Je trouve une auberge sympa sur les hauteurs de Taganga et me repose dans un hamac jusqu’à l’arrivée de mes amis en début d’après-midi. Après des retrouvailles chaleureuses, nous allons à la plage. Le changement de climat est brutal depuis San Gil, il fait une grosse chaleur humide, ce qui donne terriblement envie de se baigner. Le coucher de soleil sur la baie est de toute beauté.

Le lendemain, nous partons pour le parc national de la Sierra Nevada de Santa Marta quatre jours sur le fameux trek de la Cité Perdue. Cela fait plusieurs années que j’ai envie de faire ce trek. Le chemin est réputé pour être particulièrement éprouvant, tout en montée et descente et dans une épaisse forêt tropicale humide. La Cité des Tayrona à la clé est apparemment magique et l’est d’autant plus que le chemin pour y arriver est long et difficile.

Le premier jour de randonnée commence vers 14h, le temps de rejoindre le point de départ en bus. Après le déjeuner, nous entamons le trek qui nous fait progressivement avancer au cœur de la Sierra Nevada, sur un terrain vallonné très vert d’abord découvert puis s’épaississant jusqu’à rentrer dans la jungle. Le soleil tape fort, il fait très chaud et la brume qui enveloppe les montagnes se dissipe à mesure de la marche. Notre premier campement est situé sur le bord d’une rivière. Nous arrivons à la tombée de nuit ; nous avons tout juste le temps de nous rafraichir dans la rivière, avant de prendre le diner.

Nous terminons la journée sur une petite note de déception. Les paysages sont très beaux, mais nous avons le sentiment de randonner sur une autoroute. Notre groupe compte 16 personnes, ce qui est beaucoup trop pour un trek. Et plusieurs autres agences viennent avec leur groupe (tout aussi nombreux) faire ce même trek. Les campements sont surchargés ; on est loin du mythe de la cité perdue. Pour s’éloigner de la foule, nous avons la bonne idée de demander à dormir dans des hamacs, l’idée de s’entasser dans des lits en forme de cages à poule nous séduisant moyennement. C’est à l’écart des groupes que l’on passera la nuit, dans de confortables hamacs.

Le deuxième jour, c’est la plus grosse journée de marche de ces quatre jours. Huit heures environ jusqu’au campement suivant. La matinée nous franchissons un col, avec une belle montée suivie d’une descente. Nous déjeunons dans un campement, qui sera notre campement du lendemain, après une agréable baignade dans la “piscina”, un piscine naturelle au cadre exceptionnel. Et nous sommes le seul groupe, ce qui change de la veille où l’on regrettait d’être si nombreux. L’après-midi, c’est une autre montée, très longue cette fois-ci, que nous avons devant nous jusqu’au campement. La chaleur et l’humidité rendent cette grimpée vraiment difficile. On arrive le soir sur les rotules, encore à la tombée de la nuit. Avec un lever à 5h du matin, cela fait une longue journée. Nous avons bien avancé, il ne nous reste qu’une heure d’ascension jusqu’à la Cité Perdue. Petite baignade, diner et direct au dodo dans notre hamac.

Le troisième jour, nous parcourons les derniers kilomètres au petit matin pour rejoindre la Ciudad Perdida. Le dernier kilomètre se fait sur un long escalier en pierre de 1200 marches, après avoir franchi une rivière. L’endroit est bien dissimulé ; pas étonnant qu’elle ait été cachée si longtemps. Construite en 800 après JC, il faudra attendre 1972 pour qu’elle soit découverte, les tribus indigènes de la Sierre Nevada connaissant son existence mais l’ayant gardée secret toutes ces années pour la protéger. Le site est magnifique, tout en terrasse, au cœur de la jungle.

Par contre, niveau tranquillité, peu mieux faire. L’organisation a la drôle d’idée de faire l’entretien du site avec des souffleurs bruyants et puant les gaz d’échappement pendant les deux seules heures de la journée où les touristes sillonnent le site. Les chants des oiseaux sont remplacés par un bourdonnement constant de moteur, qui résonne en écho dans toute la vallée. D’autre part, même si les agences s’arrangent entre elles pour faire visiter le site dans un ordre différent, j’ai trouvé que l’on était trop nombreux sur la petite partie visitable de la cité.

Finalement, j’avais beaucoup entendu parler de la Ciudad Perdida pour son incroyable tranquillité en comparaison à un site comme le Machu Picchu et ses sentiers bondés. En ce qui me concerne, j’ai trouvé le trek du Machu Picchu bien plus agréable. La saison joue forcément sur la perception que l’on a des lieux, mais c’est toujours drôle de voir comme nous pouvons avoir des ressentis très différents d’une personne à l’autre. Les gouts et les couleurs…

Nous passons trois bonnes heures sur le site archéologique, la visite est très intéressante. Nous avons choisi la seule agence qui emploie des guides indigènes et c’était fascinant de voir les différences entre la version des archéologues qui ont étudié le site et émis des théories sur les fonctions de chaque objet ou lieu de la Cité Perdue, et les croyances des indigènes. Entendre que les scientifiques interprètent une pièce comme une prison tandis que les indigènes le voit comme un lieu sacré où se recueillir, rend parfois perplexe. Qui croire ? Un peu les deux certainement. Mais cela fait relativiser les certitudes que l’on prête parfois à l’archéologie…

Le reste de la journée, nous parcourons dans le sens inverse le chemin de la veille jusqu’au campement où nous avions déjeuné. Et enfin, le dernier jour, nous refaisons les derniers kilomètres jusqu’au point de départ. L’arrivée se fait dans la joie, les pieds et les genoux bien usés par ces derniers jours.

Le trek est très sympa, dur il faut le reconnaitre, mais vraiment superbe. Le faire hors saison est sans doute préférable pour éviter la foule. La Cité en elle-même vaut le détour, j’ai beaucoup aimé l’authenticité des lieux. Le charme de ce trek est l’on passe à proximité de quelques villages indigènes, qui donnent une identité à cette jungle. Les nombreux cours d’eau en chemin permettent de se rafraichir régulièrement. Un petit plus non négligeable quant on voit la chaleur qu’il fait…

Nous regagnons Taganga en fin d’après-midi, fatigué par ce trek, mais tout excité à l’idée de passer les trois prochains jours dans le parc national de Tayrona pour y faire de la plongée. Voilà une manière agréable de se reposer et recharger les batteries. L’idée est de se poser sur une plage du parc national, accessible uniquement en bateau, et de faire sept plongées réparties sur trois jours.

Le mercredi 16 décembre, nous rejoignons la Playa del Amor dans la baie de Gairaca, à bord d’un bateau. Nous découvrons un campement à même la plage, assez basique certes, sans eau courante, et composé d’une petite hutte avec des hamacs suspendus, mais avec beaucoup de charme. Nous y resterons jusqu’au vendredi soir, alternant détente sur la plage ou dans nos hamacs et plongée.

Ne comptant que cinq plongées à mon actif, quatre d’entre elles faites en 2012 pour ma certification PADI, ce safari de plongée sera un excellent moyen de perfectionner mon niveau. J’avais fait une session de “refresh” fin juillet dans le lac Malawi.

La plongée est une activité très reposante, en ce qui me concerne. Cela me détend. C’est tout ce dont j’avais besoin après ces six mois et demi sur la route, et ce trek éprouvant de la Ciudad Perdida. Les fonds marins du parc de Tayrona sont très beaux, riches en coraux et poissons. Nous avons notamment vu pas mal de murènes dont une gigantesque, des poissons lune, des poissons lion et j’en passe.

Le retour sur Taganga en bateau le vendredi en fin de journée a été particulièrement agité. Le trajet que l’on a fait en 45 minutes à toute vitesse à l’aller prendra plus d’une heure et demi, la houle rendant la mer très mouvementée. Les vagues dépassant parfois la hauteur du bateau, j’étais très loin d’être à l’aise. J’étais très content de rejoindre la terre ferme une fois à Taganga…

Nous fêtons la fin de cette belle semaine tous ensemble le soir autour d’un bon repas à l’auberge. La semaine est passée à une vitesse folle. C’est bon aussi de se faire porter en participant à des tours, même si cela veut aussi dire composer avec des gens que l’on ne connait pas et se faire aux gros groupes. Et parce qu’il ne me reste que trois jours sur la côte et que je souhaite profiter un maximum de la Guajira, ma dernière étape en Colombie avant de rentrer en France pour les fêtes de fin d’année, je passerai à nouveau par un tour dès lendemain. Je reverrai Marie et Mathieu, ainsi que Ginna, trois jours plus tard juste avant de prendre mon vol pour Nice.

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