Envie d'Ailleurs

Mozambique Island

C’est le rêve d’une douce ile sur la côte du Mozambique qui m’a attiré jusqu’ici. Les délicieux repas de fruits de mer, les plages de sable blanc, les eaux chaudes de l’Océan Indien, les ruines d’un ancienne présence coloniale portugaise… autant de choses qui devraient me faire oublier les derniers jours et donner un autre visage au Mozambique par le biais de son ancienne capitale : l’ile de Mozambique.

Arrivé à Nampula la veille par le train de Cuamba, je m’étais octroyé une grasse matinée pour rejoindre Mozambique Island un peu plus tard. Histoire de reprendre un peu mes esprits après cette traversée du Mozambique particulièrement éprouvante. A force de me lever entre 2h et 4h du matin depuis que je suis arrivé, je n’arriverai pas à dormir plus tard que 6h30. Peut-être est-ce aussi cette envie de fuir cette ville qui n’inspire pas confiance et en finir avec cet interminable trajet.

Je quitte donc l’auberge à pied pour rejoindre la gare routière à 10 minutes à pied. De jour, il ne devrait rien se passer me dis-je… A quelques mètres de la station, je vois trois mecs encercler un passant (local !), l’immobiliser et lui faire les poches, sous le regard fuyant des autres passants. Je me mets immédiatement sur le trottoir d’en face et continue ma route, me demandant à nouveau ce que je fous là. Je trouve mon bus, et me refugie dedans. Trop c’est trop, je dois quitter cet endroit au plus vite !

Mais encore faut-il que la chapa (le nom des mini-bus qui servent de transports en commun ici) se remplisse. C’est plus d’une heure plus tard qu’on prendra effectivement la route. Je peux respirer enfin… La route sera longue, pleine d’arrêts et d’inconfort, mais rien auquel je ne sois pas déjà habitué. Et puis au moins c’est un mini-bus, pas un camion ! On arrivera à l’ile au bout de quatre heures. P’tit changement de bus pour les cinq derniers kilomètres, dont la traversée du pont, et jolie attente de 45 minutes que le bus se remplisse. Ne jamais croire que l’on est arrivé avant que l’on mette véritablement le pied à destination. Car on prend son temps en Afrique… le temps n’a clairement pas la même valeur que chez nous.

Quelque soit la durée du trajet, cela n’a plus d’importance maintenant, j’ai enfin atteint ma destination. Et je vais pouvoir souffler un jour et demi. C’est un ouf de soulagement lorsque je pose mon sac à l’auberge. Le backpackers est très sympa, avec un personnel accueillant qui plus est. Je me pose une petite heure pour savourer ce moment avec un petit café. J’ai toute l’après-midi devant moi pour découvrir l’ile et repérer les lieux.

Je vais me promener autour de Stone Town. Je suis immédiatement rejoint par un groupe d’enfants, qui me suivra toute l’après-midi à travers l’ile. Je suis agréablement surpris par les gens que je rencontre, principalement des enfants à vrai dire, qui sont souriants et très accueillants. Cela me change des derniers jours, même si j’avais déjà noté la bonté et le regard protecteur d’une partie de la population. La différence sur l’ile c’est que l’on se sent en sécurité, et ce n’est pas qu’une impression, il n’y a pas de vol ou d’agression ici. On peut même se promener sans risque. Je ne relâche pas pour autant ma vigilance, sait-on jamais.

Avec ce groupe d’enfants, je découvre donc les plages du nord de l’ile, ses forteresses, les écoles diverses et variées et les bâtiments de pierre construits à l’époque de la colonisation portugaise. Enfin ce qu’il en reste. Car au départ des portugais, tout a été laissé à l’abandon. Et le résultat est bien triste. Le gouvernement vient apparemment de commencer des projets de restauration et de conservation de ces bâtiments qui ont une valeur historique inestimable, mais n’est-ce pas un peu trop tard ?

La guerre civile et la politique communiste désastreuse entreprise à l’indépendance en 1975 ont contribué à la détérioration des infrastructures existantes. Mais le rejet de tout ce qui peut rappeler le passage des portugais dans ce pays est aussi flagrant. Tout, sauf la langue, qui est parlée à travers tout le Mozambique.

L’ile est divisée en deux sections : Stone Town au nord avec ses incroyables édifices, donnant l’impression d’être au Portugal, et au sud Makute Town et ses allures de bidonville. Les deux zones sont séparées par l’imposant hôpital, le plus grand du pays, qui est aujourd’hui dans un état désastreux (il est en cours de rénovation, mais ça risque de prendre des années vu l’avancement des travaux). Stone Town est le repère des touristes et des familles aisées peu nombreuses. Makute est la zone résidentielle de la grande majorité des habitants de l’ile. Ce village se situe deux mètres plus bas que Stone Town car il repose sur la carrière où l’on extrayait autrefois la fameuse pierre des édifices coloniaux de Stone Town. Les conditions de vie y sont bien plus vétustes et ont longtemps favorisé les épidémies de malaria et de choléra. La construction d’un égout aurait amélioré les choses.

La côte est très belle et change de visage à toute heure de la journée grâce à la marée. Les habitants vivent exclusivement de la pêche et du “tourisme”. Je me balade au milieu des pêcheurs qui rentrent d’une dure journée de pêche, avec de jolies prises pour la plupart. Quant au tourisme, le pays a encore des progrès à faire pour attirer les fameux touristes, notamment au niveau des infrastructures, des routes, de la sécurité et du traitement des étrangers, mais cela viendra surement un jour, si des gens censés viennent au pouvoir et suivent l’exemple des pays d’Afrique de l’Est.

Je terminerai la journée en faisant une distribution de stylos à mes compagnons du jour. Ils repartent tout contents de leur cadeau. En une après-midi, je me sens déjà ressourcé. Je suis content d’avoir fait le déplacement pour voir cet endroit fabuleux. L’ile est vraiment jolie et méritent le détour.

Le lendemain, vendredi 7 aout, je pars à la découverte d’une ile autour de Mozambique Island, en la charmante compagnie de deux espagnoles et une brésilienne. Nous embarquons dans un bateau à voile et naviguons une petite heure jusqu’à nous arrêter sur la plage de sable blanc d’une toute petite ile. Rien que pour la sortie en bateau la journée vaut la peine. La plage est fabuleuse, complètement vierge. On se relaxe, on se baigne, on se promène, la matinée commence bien, c’est très agréable.

Puis soudain, le temps change. Comme ça, en dix minutes, le ciel se couvre, le vent se lève et quelques gouttes commencent à tomber. Je vois les visages de l’équipage se crisper. Et ils finissent par nous demander de remonter dans le bateau ; nous devons rentrer avant que ça dégénère. Hum… Avant que ça dégénère ? Ou est-ce déjà trop tard ? S’en suit 3 heures de traversée contre vent et marée, les vagues nous aspergeant toutes les cinq secondes, le bateau manquant de chavirer à plusieurs reprises. Nous sommes trempés, il n’y a plus de soleil, seul le vent nous glace le sang. Heureusement que l’équipage a anticipé le coup et rangé nos affaires à l’arrière du bateau, dans la cale. L’aventure, l’aventure… Ou aussi ce sentiment que l’on aurait mieux fait de rester au lit le matin. Ce qui était comique c’était de voir l’équipage serein, tandis que nous paniquions à chaque fois que le bateau virait de bord. Personne n’a été malade en mer, c’est déjà ça. Mais j’étais au bord du malaise en rentrant, ma vessie criant au secours depuis plus de deux heures. Bref, un retour sur terre mouvementé, mais plutôt fun rétrospectivement… Une certitude : la traversée d’un océan en voilier, ce n’est pas pour moi !

Nous regagnons l’ile principale sous la pluie. Des trompes d’eau tomberont jusqu’en fin d’après-midi. Ma première vraie pluie depuis Cape Town ; c’était il y a plus d’un mois et demi. On en profitera pour aller déjeuner dans un resto recommandé par notre auberge. Un des meilleurs repas que j’ai mangé depuis le début du voyage ! On s’est partagé des spécialités locales à base d’algues, de lula (pieuvre) et de poulpes, le tout accompagné d’un bon riz au lait de coco. Une promenade sur l’ile, guidée par le capitaine de notre bateau, terminera cette journée riche en rebondissement.

Ce sera ma dernière journée sur l’ile du Mozambique. Je reprends la route le lendemain pour l’archipel des Quirimbas au nord, et l’ile d’Ibo, qui fut également l’un des principaux bastions du Mozambique portugais à l’époque de la colonisation. Mais c’était surtout un petit paradis sur terre et l’endroit parfait pour conclure ce périple africain.

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