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Rapa Nui ou l’Ile de Pâques

Perdus au milieu de l’Océan Pacifique, l’Ile de Pâques et ses moais attirent les voyageurs curieux et fascinés par son histoire mystérieuse. Je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion de visiter ce lieu mythique. Ce sera donc la première étape de ma traversée du Pacifique, et ce sont dix jours que je dédie à cette ile qui me fait tant rêver.

Samedi 20 février, je quitte le continent sud-américain à 8h, direction l’Ile de Pâques. C’est plein d’étincelles dans les yeux que je m’apprête enfin à découvrir cette ile qui me fascine depuis tant d’années. L’Ile de Pâques, ce n’était pas seulement un lieu de passage sur mon tour du monde, c’était un incontournable ; un de mes critères n°1 lorsque j’ai conçu mon itinéraire. Arriver enfin à cette étape, qui marquera les trois-quart de mon année sabbatique, est pour moi pleine de sens. Et c’est comme un enfant que je prends donc mon envol pour l’ile aux moais.

Je serai en théorie encore dans un pays sud-américain puisque l’Ile de Pâques est un territoire chilien. Mais aussi bien sa localisation hors du continent comme sa culture très caractéristique de Polynésie lui donnent un statut à part. Dans ma tête, je quitte entièrement ce continent qui m’a tant apporté ces six derniers mois et rentre en Polynésie. C’est par son nom local que je préfère l’appeler, Rapa Nui, qui est également le nom du peuple qui y vit et qui tient profondément à son nom.

Après cinq heures de vol, j’arrive à 12h30 à destination. Contre toute attente, je suis accueilli à l’aéroport par une personne du camping, qui vient me chercher ainsi que d’autres clients. C’est la surprise du jour, un pick-up sans même l’avoir demandé. Collier de fleurs au cou, je découvre donc le camping, où je resterai les neuf prochaines nuits, jusqu’au 29 février. Situé sur la côte, on peut voir les vagues se déchainer contre les rochers à quelques mètres des tentes. Je pose ma tente le plus proche possible de la mer, attiré par les sons des vagues, qui me bercera chaque nuit.

J’arrive fatigué du voyage. J’ai dormi à l’aéroport la dernière nuit, et ce n’était pas le sommeil le plus réparateur. Il fait très chaud ici. Une chaleur humide, qui me rappelle étrangement celle de Rio. Les derniers jours, il pleuvait non stop sur l’ile, et il semblerait que le temps se soit arrangé juste avant mon arrivée. Mon ange gardien continue de me porter chance ; pourvu que cela continue… Je me pose sur les rochers et j’observe les vagues se jeter à mes pieds. C’est une étrange sensation que de se savoir isolé à ce point, à des milliers de kilomètres de la côte la plus proche. Une ile, une seule, au milieu de l’océan, l’ile la plus proche étant à plus de 2000 kms.

Décidé à découvrir l’ile dès aujourd’hui, je me lance dans une promenade sur la côte ouest de l’ile en direction du nord. Je traverse le village de Hanga Roa à pied, et vais visiter le site de Tahai, connu sous le nom de “sunset point”, étant l’endroit idéal pour observer le coucher de soleil avec des moais en premier plan. Mes premiers moais donc, c’est plein d’émotions que je les observe. Je continue à marcher en longeant la côte jusqu’à Te Peu, une plateforme plus au nord, dont les moais n’ont pas été retrouvés. Les paysages côtiers sont de toute beauté. Je rejoins plus tard dans la soirée le “sunset point” et observe mon tout premier coucher de soleil de l’ile. Et il y en aura bien d’autres…

Le lendemain, je fais la connaissance au petit-déjeuner de Harpremjeet, une américaine un peu déjantée qui médite trois heures par jour (minimum), et Alejandro, un chilien qui travaille au camping pour quelques temps. Le courant passe très vite entre nous ; on part ensemble se promener au sud de Hanga Roa cette fois-ci, pour aller voir le cratère de Rano Kau, à deux heures du camping. L’endroit est fabuleux. Un lac aux couleurs fascinantes est caché au fond du cratère et se trouve être la plus grosse réserve d’eau douce de l’ile. Le village antique d’Orongo donne aussi une idée des habitations des Rapa Nuis dans le temps. J’irai voir le coucher de soleil face à un grand moai au pied du volcan, tout près du camping. Comme chaque jour, c’est un véritable spectacle.

Le lundi, c’est avec Harpremjeet que je fais l’ascension du plus haut sommet de l’ile, le Terevaka, pour voir une petite vue d’ensemble. On se rend compte à quel point l’ile est rasée et vallonnée. Il y a très peu d’arbres pour une ile de cette taille ; juste quelques forêts artificielles ça et là, mais le reste n’est que prairie. Le centre de l’ile fait presque penser à un bout de l’Ecosse… (en moins vert).

On visite aussi le site d’Akivi, d’où part le sentier pour Terevaka, où sept moais font face à la mer. C’est d’ailleurs une exception, puisque tous les autres moais érigés sur des plateformes regardent vers le centre de l’ile. On retourne à Hanga Roa à pied par la côte, en suivant le même chemin que celui que j’ai emprunté la veille. Une grosse journée de marche… L’ile est bien plus grande que ce que je pouvais imaginer. Je termine la journée en beauté avec un superbe coucher de soleil depuis les rochers sur le bord de mer.

Les deux jours suivants, Alejandro, Harpremjeet et moi louons une voiture pour visiter l’est de l’ile. De Hanga Roa au site de Tagariki à l’est, il faut compter une vingtaine de kilomètres. Il vaut mieux être motorisé si l’on veut vraiment profiter de l’ile et s’arrêter un peu partout, sans être pressé par le temps. Sur la côte sud en direction de l’est, on peut voir une grande quantité de “ahu” (les plateformes sur lesquelles sont érigées les moais) et des moais, la plupart au sol, face contre terre.

C’est dans cet état que la majorité des moais a été trouvée, à la découverte de l’ile par les européens. De nombreuses théories tentent d’expliquer aussi bien quand, comment et pourquoi ces statues si particulières ont été érigées, mais aussi pourquoi elles sont aujourd’hui dans cet état. D’un côté, on parle d’un roi Rapa Nui, se sentant menacé par la puissance du culte au sein de la population, qui aurait ordonné il y a plusieurs siècles la destruction des moais ; selon lui, le peuple donnait plus d’importance en la religion qu’en lui-même. On parle aussi de guerre civile entre tribus ennemies, ou encore de désaveu d’un peuple envers ses dieux alors qu’il disparaissait. Toujours est-il que les moais ont été mis à terre, face au sol à un stade de l’histoire.

Je trouve cette balade au milieu de ces sites archéologiques absolument fascinantes. Il y a tant de mystères autour de ces moais. J’ai le sentiment d’être privilégié de découvrir ces endroits. Au delà des statues en elles-mêmes, les sites sont de toute beauté. La côte est très jolie ; les moais rajoutent tout simplement une autre dimension à l’ensemble.

A l’est de l’ile, nous irons visiter le volcan Rano Raraku, qui se trouve être la carrière où ont été taillées les moais. L’endroit est fascinant. Des dizaines de moais en cours d’élaboration ont été mis au jour, certains déjà terminés, ne demandant qu’à être déplacé vers leur plateforme. Les moais étaient taillée directement dans la roche en une seule et même pièce. Seul le chapeau, pouvant peser plusieurs tonnes, était taillé à part dans une autre roche, puis fixé sur la tête des moais, une fois déplacé et érigé sur leur plateforme, parfois située à l’autre bout de l’ile. Le mystère subsiste toujours sur les raisons de cet arrêt soudain des travaux. Que ce soit pour l’extinction du peuple à l’origine des moais, la guerre civile ou la tyrannie d’un roi, on ne saura sans doute jamais.

Au pied du volcan, Tongariki, le site le plus à l’est, est aussi le plus incroyable de l’ile. C’est la plus grande plateforme avec ses quinze moais, parmi les plus grands. Le site a été réhabilité et les moais remis sur pied pour donner une idée de ce que pouvait être un véritable ahu. C’est selon moi le plus beau site. Les moais sont majestueux et très bien conservés. Située à l’est, c’est aussi la seule plateforme d’où l’on peut observer le lever de soleil. Les moais en premier plan, la lumière et le site donne un résultat spectaculaire. Un de mes moments préférés de tout le voyage.

Notre tour en voiture nous emmènera aussi sur la côte nord sur la plage d’Anakena, la plus belle plage de l’ile avec son sable blanc, ses cocotiers et ses sept moais, la plupart dans un état de conservation incroyable. C’est ma première baignade dans l’Océan Pacifique du voyage ! Et le cadre est fabuleux pour une première… Egalement sur la côte nord, un rocher caractéristique qui, selon la légende, serait le “nombril du monde”, ainsi que quelques gravures.

Le tour en voiture m’aura permis de parcourir l’ile aisément, et de profiter des endroits sans être trop pris par le temps. Je louerai un vélo les prochains jours pour retourner à mes endroits préférés et les redécouvrir sous un autre angle. Le vendredi, je refais l’itinéraire du premier jour en vélo avec Alejandro, et j’en profite pour visiter les grottes que j’avais mis de côté à mon premier passage. Le samedi, c’est tout seul que je retourne à Tongariki, reparcourant les quarante kilomètres que l’on avait fait en voiture. Deux belles journées sous le soleil, particulièrement sportives ; le relief de l’ile ajoute un cran de difficulté. Il faut aimer les terrains vallonnés quoi.

Le dimanche, alors que nous accompagnons Harpremjeet à l’aéroport, Alejandro tombe par hasard sur une amie d’enfance qui vit sur l’ile, et elle nous convie à un barbecue au sud de l’ile avec sa famille. On fait griller le poisson, qui vient tout juste d’être pêché par les hommes de la famille. Un pur régal. Une très belle journée en très bonne compagnie.

Les dix jours sur l’ile passeront à une vitesse fulgurante. Je ne vois pas le temps passer et nous sommes pourtant déjà le lundi, et il est temps de plier ma tente et quitter cette ile qui m’a tant donné. Je repars apaisé de Rapa Nui, détendu comme jamais je ne l’ai été sur ce voyage ; c’était un peu comme des “vacances” au milieu de ce long périple. Une petite parenthèse pleine de bonnes énergies, et de belles personnes. Je me suis fait de nouveaux amis, qui auront sans aucun doute contribué à faire de ce séjour l’un des meilleurs moments de mon périple.

On continue l’aventure en Polynésie, et je passe du Chili à la France pour la prochaine étape : Tahiti et l’ile de Moorea.

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