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Traversée de la Zambie jusqu’au lac Malawi

De Livingstone en Zambie jusqu’au lac Malawi au Malawi, ce sont pas moins de cinq jours de transport qui m’attendent. La route vers l’est est longue et douloureuse. Plus je remonte vers le nord, plus je perds en confort. Les bus deviennent de plus en plus serrés et inconfortables ; les aléas en route se multiplient. Bienvenu en Afrique…

Je prends un peu le temps de vous raconter ce trajet jusqu’au lac Malawi car cette semaine de transport est un tournant. Pour la première fois depuis que j’ai commencé ce voyage en Afrique, je me sens réellement en Afrique. L’aventure… c’est ce qu’on recherche tous quand on vient en Afrique, non ?

Si j’ai bien remarqué quelque chose en Afrique, c’est la diversité de touristes que l’on croise sur la route. Des backpackers comme moi, des aventuriers qui traversent le continent en vélo, à pied, à moto, en auto-stop, des baroudeurs en 4×4 tout confort qui sillonnent les routes et pistes de tout type, des “volunteers” (la nouvelle mode tendance où l’on passe ses vacances loin de chez soi en prétendant se rendre utile), des familles, des privilégiés à la recherche du plus grand confort dans les nombreux lodges de luxe que compte le continent, des voyages organisés en pagailles… Chacun a sa définition de l’aventure et de l’expérience africaine…

En ce qui me concerne, l’aventure pour moi c’est quand on sort de notre confort et de notre vie bien réglée. C’est quand on ne prévoit rien, qu’on se laisse porter par les évènements et les envies. C’est quand la fatigue monte et que les nerfs s’échauffent, quand la frustration est à son comble, que rien ne se passe comme prévu, que l’on franchit la zone de facilité, qu’on perd le contrôle en quelque sorte. C’est quand on lâche prise, que l’on s’adapte à la vie des autres, en prenant sur soi lorsque les choses dégénèrent ou nous exaspèrent. C’est travailler sa patience, prendre le temps de vivre au ralenti, ne pas nécessairement chercher l’optimisation et le gain de temps. C’est sortir de ses habitudes, essayer autre chose, garder l’esprit ouvert, ne pas avoir peur, être à l’écoute des autres et faire confiance… Et surtout c’est jouir de la récompense à la clé car le dépaysement, la découverte et l’émerveillement sont toujours au rendez-vous !

Depuis que j’ai quitté Windhoek en Namibie, je sens que l’aventure a commencé. Finis les bus tout confort pour touristes, finis les itinéraires simples et sans détour… Le Botswana a été mon point d’entrée dans la vraie Afrique. Je me mélange aux locaux ; je voyage par les bus locaux surchargés, qui tombent en panne sans arrêt, et dans lesquels calme et confort n’existent pas. Plus question de sortir l’ordinateur en route pour écrire pour le blog ou trier des photos. J’observe, je dors et je lis parfois quand j’en ai la possibilité. Et je prends sur moi… Car de l’ouverture d’esprit et de la patience, il en faut pour supporter ces heures de transport ! Mais je me régale de découvrir le pays de l’intérieur et ses habitants.

J’ai quitté Livingstone le lundi 20 juillet. Le bus part en fin de soirée, ce qui m’a donné la journée pour me reposer. Bus de nuit donc jusqu’à Lusaka, la capitale de Zambie. Et départ plutôt ponctuel à ma grande surprise ; à 22h30, nous sommes en route. Ce qui est plutôt drôle quand on sait que le bus de 20h30 n’est toujours pas parti ! J’ai laissée la gare routière dans une ambiance très lourde ; les passagers ayant commencé une révolution, frustrés de leur retard de bientôt deux heures.

Les africains ont une notion étrange du bus de nuit (et de jour par la même occasion !) : on nous passe de la musique chrétienne avec clips vidéos amateurs, tellement fort que mes tympans en vibrent. Heureusement je suis équipé : je m’endors rapidement, boules-quiès aux oreilles et visière sur les yeux.

Je suis réveillé en sursaut, par un énorme clash, des cris de femmes terrorisées et un coup 2-DSC02974de frein puissant. Je retire immédiatement ma visière et, assis au premier rang, nous voit partir en zigzag sur la route. La mort devant moi… Le voyage s’arrête ici. Le conducteur finit par maitriser le bus et nous voilà à l’arrêt. J’enlève mes boules-quiès pour entendre les hallelluyah de la musique, qui continue à fond. Hallelluyah en effet… N’ayant pas vu la scène, je crois tout d’abord que nous avons crevé un pneu, comme cela m’est déjà arrivé au Botswana sur la route pour Kasane. A moitié endormi je m’en souci guère, je suis juste content qu’on soit sain et sauf. Tout le monde quitte le bus. Je finis par sortir aussi, une couverture sur les épaules, et je découvre avec stupéfaction un trou béant sous mes pieds, à l’avant droit du bus. Nous avons percuté quelque chose. Je remonte la route et, au milieu de la foule de passagers, une énorme vache est étendue à terre, morte. Un peu surréaliste… Nous finirons par reprendre la route pendant une demi-heure puis nous sommes arrêté par la police qui ordonne au chauffeur d’immobiliser le bus. Nous continuons donc notre nuit dans le bus sur le bas côté de la route. Un bus de remplacement nous est envoyé 4h30 plus tard. Nous arriverons finalement en début d’après-midi, au lieu de 7h du matin.

Arrivé à Kasane, je trouve une auberge, à 15 minutes à pied de la gare routière, où je passerai la nuit. Je repars le lendemain à 5h du matin pour Lelongwe, la capitale du Malawi. Je dois être la gare à 4h30. Lever très tôt donc. Mon taxi, réservé la veille, n’arrivera jamais. Je marche donc à 4h du matin dans les rues désertes d’une capitale. J’adore… Nous prenons la route à l’heure, le bus plein à craquer. 13 heures de route exténuantes passeront très lentement pour la première fois depuis que je suis en Afrique. La musique religieuse à fond, les discussions en criant, un bip strident intempestif (le même que celui qu’on entend lorsque l’on conduit sans ceinture) pendant tout le trajet, les passagers qu’on récupère sur le bord de la route par dizaine alors que le bus est plein, diminuant d’autant l’espace pour mes jambes et mes épaules, travailleront mes nerfs pendant 13 heures. Entouré d’un alcoolique et d’un pauvre gamin retardé qui voyage seul, je vois défiler sous mes yeux des poules, du poisson séché, une jambe de mouton dégoulinante de sang. C’est ça le voyage en Afrique… J’avoue ce jour-là un peu trop pour moi… Point positif : le passage de frontière sans encombre, et pas besoin de visa. Ouf !

Me voilà donc au Malawi, à la capitale. Je me donne une journée de repos dans un ravissant petit camping. Je reprends la route le vendredi 24 juillet pour Nkhotakota sur le bord du lac Malawi. Départ matinal comme toujours. Un bus part à 7h m’a-t-on dit. A la gare routière, je trouve mon bus rapidement. Un long bus pour 65 personnes… vide ! Je vais devoir attendre qu’il se remplisse pour partir. Déjà que c’est long pour un mini-bus pour 16 mais alors là je suis pas rendu. Trois heures d’attente pour remplir le bus. Tout ça pour 4 heures de trajet. Quelques détours et les allers et venus des passagers récupérés sur le bord de la route rallongeront le trajet d’une heure. J’arrive à Nkhotakota en milieu d’après-midi, épuisé.

Voyager par la terre dans cette partie du monde est loin d’être facile. C’est un vrai choc des cultures. Même en Inde, je pouvais compter sur des horaires fixes, à peu près fiables, pour voyager, et je pouvais réserver mon ticket à l’avance. Ici, tout se fait par le bouche à oreille. On doit se présenter très tôt au bus pour avoir une place, puis attendre des heures que le bus se décide à partir. Pour le confort et le comportement des gens, on n’est pas très loin de l’Inde…

Mais quelque chose me dit que je n’ai encore rien vu…

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